Publié par : mart2009 | 20 décembre 2011

La santé est-elle malade au Québec ?

Le 16 décembre 2011

Il est 8 h 40, je reviens de reconduire ma fille à la garderie, quand à la radio, durant l’émission de Paul Arcand au 98,5 fm, le docteur Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, commence son entrevue. À un moment donné, il dit : « Écoutez bien, M. Arcand et les auditeurs, restez bien assis. » Et il dévoile les chiffres d’une étude internationale sur le nombre de patients vus dans un cabinet de médecin de famille. La comparaison est faite entre l’Allemagne, l’Ontario et le Québec. Voir le troisième paragraphe.

Pénurie de médecins au Québec ?
Pas vraiment, selon le Dr Barrette, il ne manque pas de médecins sur le territoire du Québec. Pourtant, il y a huit ans, un gouvernement libéral nouvellement élu, clamait haut et fort que le problème d’attente dans les urgences et de l’accessibilité à un médecin de famille ou à un médecin spécialiste allait être réglé dans quelques années. Malgré le fait que le gouvernement ait investi d’énormes sommes année après année, et qu’il ait fait en sorte que plus de médecins soient formés et pratiquent le métier, le problème d’attente et d’accessibilité est toujours entier.

Les problématiques de fonctionnement
Le nombre de médecins a effectivement été augmenté dans les dernières années, mais comme le disait le Dr Barrette dans son entrevue, en prenant comme exemple les chirurgiens, il y en a effectivement plus depuis quelques années, mais le nombre de blocs opératoires n’a pas augmenté, lui. De plus, les heures d’accès aux blocs opératoires sont limitées de deux manières. Les heures allouées ont été coupées ou gelées indépendamment du nombre de patients à opérer, ensuite, parfois la salle est disponible, mais le personnel spécialisé pour ce travail ne l’est pas pour assister le chirurgien.

Le Dr Barrette demande plus de ressources au gouvernement, et celui-ci répond par la négative. Le gouvernement contrôle les dépenses par l’offre de temps d’opération et de personnel disponible limitée aux chirurgiens. Même chose pour les autres médecins avec des problématiques différentes.

Au-delà des horaires et de la mentalité
C’est bien connu, les nouveaux médecins qui entrent dans la profession sont en majorité des jeunes, et on y compte beaucoup plus de femmes qu’il y a 30 ou 40 ans. Or, cette nouvelle cohorte adopte un mode de vie différent des médecins encore actifs âgés de cinquante ans et plus, selon le Dr Barrette. Elle travaille en moyenne moins d’heures par semaine. Et l’équilibre travail/famille demeure primordial pour cette génération de nouveaux médecins.

Le Dr Barrette donne en exemple un médecin en Allemagne qui travaille en moyenne 50 heures par semaine et qui voit 233 patients dans son cabinet. Un médecin en Ontario travaille en moyenne 42 heures et voit 134 patients dans son cabinet. Alors qu’un médecin au Québec travaille en moyenne 35 heures par semaine et voit 83 patients dans son cabinet.

Entre 83 patients vus au Québec et 233 patients vus en Allemagne, l’écart est énorme. Mais plus près de nous, entre le médecin du Québec (83 patients) et le médecin de l’Ontario (134 patients), l’écart reste énorme..

Question simple : pourquoi ?

D’un point de vue mathématique, la comparaison entre le médecin ontarien et le médecin québécois est la suivante :
• Pour l’Ontario, 134 patients vus divisés par 5 jours = 26,8 patients par jour.
• Pour le Québec, 83 patients vus divisés par 5 jours = 16,6 patients par jour.
C’est 10 patients de moins par jour. Voilà l’énorme écart. Chaque journée faite au Québec par un médecin est beaucoup moins productive.

Ici, les médecins ont de plus en plus de formalités à remplir en plus de voir des patients. Remplir des formulaires, assister à des comités, s’occuper des tracasseries administratives, et j’en passe. Donc, le temps disponible pour exercer la profession de médecin est considérablement restreint. D’autant plus que le médecin du Québec fait sept heures de moins par semaine.

Les solutions existent et sont proposées au gouvernement depuis longtemps. Par exemple, comme cela se pratique dans certains endroits, faire remplir les formulaires par une autre personne. De cette manière, l’État ne serait pas obligé de payer un médecin à gros prix pour remplir des formulaires de compagnies d’assurances privées. Le temps ainsi dégagé pourrait être employé pour voir plus de patients.

Conclusion
Je connais des gens dans mon entourage qui travaillent pour le système de santé au Québec, et j’ai maintenant la conviction que le gouvernement ne dit pas la vérité et ne veut pas vraiment que le système s’améliore plus vite, puisque cela coûterait plus cher. En agissant de la sorte, le gouvernement contrôle les coûts reliés à la santé, alloués dans le budget pour soigner les Québécois. Mais il ne le dit pas. C’est cela qui est frustrant pour ceux qui attendent de se faire soigner.

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Le nombre de médecins au Québec est plus élevés que dans le reste du Canada, pourtant?


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